Mobilité sociale chez les Incas

Date : Mercredi 31 octobre 2007 @ 19:18:23 :: Sujet : Peuples et civilisations

Les Incas croyaient au déterminisme et aux castes. Chez eux, pas de problème d’orientation professionnelle: la carrière était déterminée par la naissance. Les fils d’agriculteurs deviendraient obligatoirement agriculteurs, les fils de soldats, soldats.



Pour éviter tout risque d’erreur, la caste était d’emblée inscrite dans le corps des enfants. Pour cela les Incas plaçaient les têtes à la fontanelle molle propre aux nouveau-nés dans des étaux spéciaux en bois qui modelaient leurs crânes. Ils obtenaient ainsi la forme désirée pour les futurs emplois des enfants: carrée pour ceux de rois, par exemple. L’opération n’était pas douloureuse, pas plus en tout cas que celle qui consiste à faire porter un appareil dentaire pour obliger les dents à pousser dans un certain sens. Les crânes mous se solidifiaient dans le moule de bois. Ainsi, même nus et abandonnés, les fils de rois restaient rois, reconnaissables par tous puisqu’ils étaient seuls à pouvoir porter des couronnes, elles-mêmes de forme carrée. Quant aux crânes des enfants de soldats, ils étaient moulés de façon à prendre une forme triangulaire. Pour les fils de paysans, c’était une forme pointue.

La société inca était ainsi rendue immuable. Aucun risque de mobilité sociale, pas la moindre menace d’ambition personnelle, chacun portait imprimés à vie sur son crâne son rang social et sa fonction professionnelle.



Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu
ESRA Tome 3 [La révolution des fourmis]  - "Mobilité sociale"
Bernard Werber





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